MYME TV

"Leh'naa", le premier album de Hayet Zerrouk, vient de sortir pour le plus grand bonheur de ses fans.

Malgré un emploi du temps chargé, dû à la promotion de l'album, Hayet Zerrouk nous a accordé un moment privilégié.

Myme Mag est allé à la rencontre de cette artiste passionnée...

 

  • Merci d’avoir accepté notre invitation, vous êtes actuellement en pleine promotion pour la sortie de votre premier album “Leh’naa”, c’est un événement et félicitations, dans quel état d’esprit êtes-vous?

Franchement, je suis super contente et puis je suis excitée. Tout à l’heure, j’étais chez le disquaire et en voyant les CD sur les étagères j’avais un drôle de sentiment. Il y a quelques années quand je rentrais chez les disquaires, j’imaginais mon album et je me disais que ça n’arrivera peut être jamais, et il est là. Et je suis très contente. Tout simplement, j’ai envie de dire, une délivrance…

  • Est-ce pour vous l’accomplissement d’un long travail ou l’aboutissement d’un rêve?

C’est les deux! Ça a trop tardé, il faut dire que ça a mis du temps. L’aventure a commencé en 2012, on a finalisé l’enregistrement en 2014. En attendant que je trouve un éditeur, qui croit en moi et en même temps que l’album se réalise. Je me suis toujours dit que je voulais monter sur scène, écrire des chansons, faire des clips, faire un album, des albums et là c’est le premier, et bien sûr ce n’est que le début Inch'Allah. C’est juste une page de ma vie qui est tournée, ça me permet maintenant de penser et d’essayer d’imaginer la direction que je vais prendre dans le milieu artistique. C’est les deux! Pour moi, ce n’est pas une finalité, c’est juste un début. Quelque chose de nouveau!

  • “ Leh’naa”, ce n’est pas un titre anodin, c’est aussi le titre éponyme du premier single dévoilé l’année dernière. Quel message souhaitez-vous délivrer?

C’est le titre du troisième single qui est sorti. Troisième parce que je savais que l’album n’allait pas tarder à venir. Ensuite, “Leh’naa” c’est juste un message, celui d’une personne qui a mûri, qui après un long combat avec ses démons, avec la vie, avec les gens, avec la vanité, avec la société, avec toutes ces mauvaises choses qui existent sur terre, qui a fini par comprendre que c’est la vie. C’est la petite fille qui a grandi et qui se dit qu’il y a aussi beaucoup de belles choses dans cette vie, que ça ne sert à rien de se focaliser sur les mauvaises choses. Qu’il y ait de mauvaises choses n’empêchent pas de profiter de la vie, de sa beauté, profiter des gens qu’on aime, de notre famille, de nos amis. Tout simplement, profiter de sa vie et de faire le maximum, réaliser et accomplir le maximum de choses. Et en même temps, il y a une chanson où je mets un peu de nostalgie, de valeurs humaines qu’on a l’impression d’avoir perdues et je me dis que "non" elles existent toujours au fin fond de nous même, et qu’il reste toujours des gens biens qui méritent, qui valent la peine d’être connus, et c’est un peu tout. C’est un résumé de tout, de tout l’album. L’album, c’est des textes où je dénonce, je lance un appel, un cri, une révolte et en même temps, il y a une chanson qui dit, oui j’ai ces principes, j’ai ces valeurs, qu’il y a des combats à mener mais je ne peux m’empêcher de dire que la vie reste belle…

  • Hayet Zerrouk, vous êtes connue pour votre franc-parler, vos coups de gueule aussi, ( RIRES). Est-ce que ça ne vous a pas joué de mauvais tours parfois? 

Non! Parce que j’ai toujours été comme ça quand je fais les choses par conviction, même si on me le déconseille, c’est sûr. Mais je suis convaincue que si on ne parle pas maintenant, pour reprendre une citation “si on parle, on est mort, si on ne parle pas on meurt, alors parle et meurt”. Moi, c’est vraiment ma philosophie dans la vie, quand j’ai des convictions, je les défends et je laisse le reste à la vie, à Dieu. Je ne calcule pas trop ce que je dis. Ça m’a joué des tours certainement parce que je vis dans une société où il y a certaines choses à changer sur lesquelles il faut faire attention, je m’adresse aussi à une société assez traditionnelle avec une manière de voir les choses, avec des codes sociaux et quand on parle de sujet tabou, on va se mettre plein de gens sur le dos. Par exemple, sur la question de la femme, je ne peux pas mâcher mes mots, parce que je me dis que je suis une femme donc j’ai tous les droits de me battre ne serait-ce que pour mon droit à moi, à la vie et mon droit de décider de comment je dois mener ma vie, comment je dois la vivre. Et ceux qui adhèrent au discours, comprendront certainement, et ceux qui n’adhèrent pas à cause du caractère conservateur de la société algérienne, certainement, n’aimeront pas Hayet Zerrouk…

  • Vous êtes diplômée en langues, professeur d’anglais de formation, comment avez-vous atterri dans la musique?

La musique est là bien avant mes études. L’amour de la musique est là depuis l’âge de 6 ans, c’est un peu grâce aux berceuses que me chantait ma maman quand j’étais petite, parce que ma mère chantait souvent à la maison des chansons traditionnelles et certainement j’aimais ça. Et en primaire, je me souviens que pendant les spectacles de fin d’année en montant sur scène je voulais tenir ce micro parce que je me voyais à la télé et je voulais me voir chanter. Donc l’amour de la musique est là depuis l’âge de 6 ans. Je pense que mon souvenir le plus lointain remonte à cet âge là. 6 ans, je me rappelle très bien que j’aimais déjà la musique, que je voulais en faire, je voulais jouer d'un instrument. Et ça m’a suivi, jusqu’au lycée, la fac. Ça ne s’est jamais arrêté, au fait. L’anglais, ça a commencé plutôt au CEM, quand on a débuté la matière pour la première fois et donc j’ai découvert cette passion. Surtout que j’étais fan de Mariah Carey, donc je voulais comprendre ce qu’elle racontait parce que l’émotion y était. Elle arrivait à me transmettre une émotion mais je voulais aussi comprendre ce qu’elle disait donc j’ai commencé à m’intéresser à l’anglais. A la fac, c’était un choix soit la musique soit un métier je me suis dit si je décide d’apprendre l’anglais je pourrais toujours en faire un métier, enseigner après. En même temps, c’est quelque chose qui me passionne donc j’ai juste choisi deux choses que j’aime: l’anglais, pour avoir mon diplôme, pour pouvoir avoir plus tard une profession au cas où ça ne marche pas dans la musique, et en même temps j’ai continué à suivre ma passion, à faire de la musique avec des amis à la fac, d’avoir ma première guitare. Et l’enseignement m’a beaucoup aidé, j’étais très timide, d’une timidité maladive, l’enseignement m’a décoincé parce qu’il le fallait et ça m’a beaucoup aidé dans la musique.

  • Vous jouez de la guitare, votre meilleure amie, j’ai envie de dire, est-ce que je me trompe?

C’est exactement ça, je la considère comme ma meilleure amie. Quand je ne suis pas bien, la première chose que je fais ou à laquelle je pense c’est de prendre ma guitare, d’essayer de jouer pour oublier mes problèmes, mes tourments, mes angoisses. Donc, oui, la musique a été, elle a toujours été pendant une période où je n’arrivais pas à m’exprimer, à appeler même mes amis les plus proches. Elle est restée même après parce que c’est toujours plus facile pour moi d’exprimer mes sentiments les plus profonds en écrivant une chanson, ou en interprétant une chanson qui les exprime, ou en composant un air mélancolique. J’ai remarqué que ça me faisait du bien, plus que quand je parle à des gens ou que je me confie. Je me dis que oui, c’est ma meilleure amie.

  • Quelles sont vos inspirations?

Franchement, j’en ai plein. En même temps, je m’inspire de tout, je m’inspire des artistes. Par exemple “Leh’naa” ce qui m’a inspiré, c’est la chanson de Zoulikha “Sob Rach Rach”, c’est aussi une artiste "Allah y rahma" que j’admirais beaucoup, une artiste qui m’a touché à travers son vécu, à travers sa voix, et sa présence sur scène. Je m’inspire des artistes que j’aime, des histoires autour de nous, je m’inspire de moi même, de mon propre vécu, de mes propres réflexions. Je m’inspire de l’humanité entière. Je peux écrire une chanson sur un événement qui s’est passé à l’autre bout du monde comme je peux m’inspirer de mon amie, de l’arbre, c’est un peu tout ça…

  • Si vous deviez résumer l’artiste que vous êtes en deux mots, quels seraient-ils?

Sensible et Révoltée

  • Pour finir, qu’aimeriez-vous dire à vos fans et aux personnes qui ne vous connaissent peut être pas et qui vont découvrir votre album?

Mes fans, je les remercie toujours pour leur patience, il faut dire qu’ils ont attendu avec moi quelques mois et je les remercie pour leur fidélité, pour leur gentillesse, pour les mots gentils sur Facebook ou leurs commentaires. Je les remercie d’apprécier et d’aimer Hayet comme elle est, sans exiger qu’elle soit ou qu’elle ressemble à l’image d’autres artistes. A ceux qui acceptent juste Hayet comme elle est avec sa manière d’être, sa manière de s’exprimer, avec son style musical, avec son style vestimentaire, avec son caractère, avec sa folie. Donc je les remercie pour ça. Il n’y a pas mieux que l’amour inconditionnel donc je les remercie. Et pour ceux qui vont découvrir Hayet, j’espère que vous allez apprécier. Ecouter sans juger…

 

Cet article vous plait? Partagez-le ;-)

A lire aussi…

Fermer le menu